La vittoria nelle primarie “socialiste” di Benoit Hamon è stata salutata dai massmedia “mainstream” come una vittoria della sinistra “radicale” (ormai anche essere socialdemocratici è ritenuto radicale dai nostri pennivendoli, tanto ci si è abituati all’egemonia culturale della destra). Ma chi è veramente Benoit Hamon, questo presunto “radicale”? Ecco un articolo apparso sul sito del NPA, i nostri compagni francesi, che chiarisce le ambiguità di questo ex-ministro del governo francese “socialista”.

Dal sito NPA

Le tripatouillage des chiffres de votants à la Primaire est symptomatique : malgré l’ajout de 350 000 faux votants à la dernière seconde, la direction du PS est obligée de reconnaitre qu’il n’y en a en réalité que trois fois moins que pour la primaire de la droite. L’enjeu d’orientation était pourtant sans doute plus réel, entre les frondeurs et Valls, qu’entre les ténors des Républicains. Cette faible participation, pour la modique somme de 1 euro, montre la distance prise par la base électorale habituelle du PS.

Sans parler, car le PS n’a sans doute pas le monopole de ce type de pratique, des faux votants… une journaliste expliquant qu’elle avait pu sans difficulté voter dans deux bureaux de votes différents. Une pratique habituelle dans les congrès du PS.

 

Hamon comme solution ?

On ne peut que se réjouir de la deuxième claque reçue par Valls, dont la campagne a ressemblé à un gag. On ne peut s’empêcher de sourire non plus en voyant la démagogie de Montebourg aux oubliettes. Pour un certain nombre de militants, la victoire de Hamon est une revanche sur l’arrivée de Valls à la direction du gouvernement, sur le parcours de plus en plus à droite du PS.

Mais de là à voir une solution pour le mouvement ouvrier, il y a un long chemin… Bien sûr, Hamon s’est démarqué du gouvernement sur plusieurs points comme l’état d’urgence et la loi travail. Mais on n’oublie pas sa façon d’assumer le bilan du quinquennat : « un goût d’inachevé, comme si on était resté au milieu de gué ». Quoi ? Aurait-il fallu davantage réprimer, casser le code du travail, intervenir militairement ? Hamon accepte les exécutions ciblées, il ne renie pas non plus son passage catastrophique au gouvernement et en particulier au Ministère de l’Education, le mensonge de la création de 60 000 postes… Un gouvernement dont il n’est pas sorti mais dont il a été évincé pour ses critiques modérées envers l’orientation de Valls.

Et pour cause : il a fait partie de la majorité au dernier congrès du PS, au mépris d’une partie de sa propre base militante… et a même contribué au remplacement de Ayrault par Valls, avec Montebourg. Il n’a pas voté les motions de défiance contre le gouvernement Valls… et a voté tous les budgets.

Son programme ne propose pas d’amélioration réelle de la situation pour les salariés. Sur le plan des revenus, son projet de revenu universel, une simple augmentation du RSA de 10%, ne masque pas l’absence de proposition pour lutter contre le chômage et la pauvreté, avec une simple augmentation de 10% du SMIC et le seul maintien des 35 heures… Il n’a pas un mot sur la réquisition des logements vides ou contre le CICE…

Le site de Hamon est un modèle de publicité mensongère : à chaque clic sur un titre, on se rend compte de la l’indigence des propositions. Par exemple, lorsqu’on clique sur « Une nouvelle étape dans le partage du temps de travail », on apprend que Hamon est favorable aux temps partiels et aux 35 heures…

 

A gauche de la gauche de la gauche…

Le Parti socialiste est maintenant dans un état de délabrement avancé. Macron tente, avec une réussite réelle, de rallier la droite du PS, celle qui est ouvertement pro-capitalistes, à sa candidature. Ces secteurs rêvent essentiellement de maintenir leurs postes d’élus tout en rompant les amarres avec la gauche.

Le cœur de l’appareil, de son côté, après avoir parié sur Valls, aura beaucoup de mal à soutenir le frondeur Hamon, issu d’une des oppositions internes historiques du PS, malgré les gages qu’il donne. Comment les militants favorables à Hollande, Cambadélis et Valls pourraient-ils militer pour la candidature du porte-parole de ceux qu’ils hésitaient à exclure au moment des votes de défiance ? Certains militants craignent ouvertement l’explosion à brève échéance.

On verra aussi ce que produira la probable victoire de Hamon à la primaire sur la France insoumise. Les dirigeants du PG étaient en tout cas très mal à l’aise dimanche soir, peinant à se différencier de Hamon. En effet, qu’est-ce qui différencie Mélenchon de Hamon ? Mélenchon a lui aussi été ministre d’un gouvernement de gauche. Sur certains sujets, comme les migrants et les questions internationales, les positions de Mélenchon sont encore plus à droite que celles de Hamon. Sur les salaires, on ne voit pas la différence. Quant à sa vision du développement industriel, que penser de la signature de Corbière, Généreux et Simonnet aux côtés de Martinez, Mailly, Thibault… et Montebourg qui expliquent : « Le développement industriel a besoin de salariés innovants, aux compétences reconnues, bien rémunérés, occupant des emplois stables et prenant une part active aux décisions. Seuls des salariés compétents et impliqués sont, en effet, en mesure de donner aux entreprises les capacités d’innover. Ici réside le compromis fondamental entre le capital et le travail sans lequel aucun développement n’est possible ».

 

Un PS brisé par sa participation aux institutions

Alors, bien sûr, beaucoup d’électeurs ne veulent plus entendre parler du Parti socialiste. Mais si les discussions ont lieu sur le fond, il y a fort à parier que la stratégie de Mélenchon de vouloir occuper un espace respectueux des institutions, comme le révèle leur proposition de VIe République, pour une gauche de gouvernement, montre ses limites.

Quelque part, la victoire de Hamon renforce ce que nous ressentons depuis quelques temps : des centaines de milliers de personnes ne supportent plus les politiques menées par les partis socialistes, que ce soit en Grèce, dans l’Etat espagnol ou en France et, de l’autre.

Mais il est clair que les partis traditionnels ne peuvent offrir une solution à la crise de la gauche et du mouvement ouvrier. Le Parti communiste, le Parti socialiste et le Parti de gauche ont été mouillés, à des niveaux différents, dans la gestion des affaires des capitalistes, au sommet de l’Etat ou dans les départements et les communes (lire l’article sur la gestion PG-ELLV de la mairie de Grenoble dans la revue l’Anticapitaliste n°82…). Dans le cadre actuel de la crise économique, sociale, morale et politique du capitalisme, toutes les partis qui mettent les doigts dans les institutions s’usent à grande vitesse. La gestion des institutions façonne ces partis, leurs militants, qui sont tournés vers le maintien des « conquêtes partielles », le maintien des postes d’élus, la formulation des propositions pour qu’elles paraissent « raisonnables » aux électeurs, le temps passés dans les réunions et pas dans les mobilisations sociales.

La candidature de Philippe Poutou a pour objectif de donner une voix à ceux qui refusent la politique du gouvernement, la politique du Parti socialiste, mais qui veulent construire complètement autre chose que les partis qui trahissent leurs promesses depuis des décennies… jusqu’à ne plus rien promettre.

 

Antoine Larrache

Annunci