I lettori di Brescia Anticapitalista hanno visto in questi ultimi mesi una serie di articoli sul colpo di stato in Bolivia. Pur essendo unanimi nella condanna del golpe, gli articoli differivano, a volte in modo piuttosto ampio, sulla valutazione dell’operato di Evo Morales e del suo governo, soprattutto negli ultimi anni. E proprio queste differenziazioni avevano creato un buon numero di polemiche, non solo tra i nostri compagni. Pubblichiamo ora la dichiarazione UFFICIALE del Bureau della IV Internazionale, che chiarisce la nostra condanna senza sfumature del golpe della destra boliviana contro il governo del MAS. Lo pubblichiamo nella versione originale, in francese e spagnolo, che speriamo risulti comprensibile ai lettori italiani. Se ci fosse bisogno di una traduzione, i lettori sono pregati di segnalarcelo.

 

Déclaration de la Quatrième Internationale

Ce n’est pas le moment de tergiverser. La Bolivie subit un coup d’État brutal et violent organisé par une extrême droite raciste, qui a commencé à retrouver un espace politique et un soutien social ces derniers mois dans ce pays andin. Nous dénonçons ce coup d’État et exprimons notre entière solidarité avec le peuple bolivien ! Au début des années 2000, les mouvements sociaux boliviens dans les campagnes et les villes, dirigés par des paysans indigènes, ont construit un processus long et ardu de lutte contre les mesures néolibérales qui accentuaient l’extrême pauvreté du pays en privatisant tout, y compris l’eau. Peu à peu, un consensus anti-néolibéral s’est formé en Bolivie et la droite a perdu du terrain. Evo Morales, à la tête du MAS, est alors apparu comme une alternative électorale au régime. Un processus de mobilisation et de débat animé et intense a porté Evo Morales et García Linera au pouvoir en 2006. L’histoire de la Bolivie était en train de changer. L’Assemblée constituante dont les indigènes furent le moteur a rédigé la Constitution qui allait transformer la Bolivie en un État plurinational. En 2008, l’extrême droite, composée principalement des oligarchies de propriétaires fonciers blancs, a tenté un coup d’État en empêchant l’approbation de la nouvelle Constitution. La pression et la mobilisation populaire ont été immenses et la Constitution a été promulguée en 2009. Ainsi s’est conclu un moment intense de lutte pour l’hégémonie, et une période de plus grande stabilité a commencé sous la direction du MAS.
Dans un contexte économique et politique international favorable, la Bolivie a jeté les bases d’une stabilité économique fondée sur la croissance, la répartition des revenus et la réduction de la pauvreté. Cette stabilité a été peu touchée par la crise internationale de 2008, qui a eu tant de conséquences négatives pour le monde et pour l’Amérique latine. Sous le gouvernement d’Evo Morales, la Bolivie a transformé sa structure étatique pour élargir les formes de participation des peuples autochtones, a quadruplé son PIB, a réduit l’extrême pauvreté de 35,2 % à 15,2 % et a été le pays de la région dont la croissance a été la plus rapide. Cependant, peu à peu, à la fois en raison des limites structurelles du pays et des erreurs de direction, ce qui a été appelé le processus de changement a commencé à montrer ses limites. La distorsion entre les discours sur le bien-être et un projet développementiste et extractiviste a entraîné de graves crises au sein du gouvernement et la perte du soutien de ses bases dès 2012. De plus, l’incapacité à renouveler le leadership a également renforcé la difficulté à faire perdurer ce processus.
En Bolivie, la nouvelle Constitution (promulguée en 2009 lors du premier mandat d’Evo Morales) ne permet qu’une seule réélection. Toutefois, il a été entendu que le premier mandat d’Evo, initié sous l’ancienne Constitution, ne comptait pas. Il a donc été « élu pour la première fois dans le cadre de la nouvelle Constitution » en 2009. Il a ensuite été réélu en 2014. Théoriquement, il ne pouvait plus être candidat. Ne parvenant pas à renouveler son leadership, le MAS a proposé un référendum pour décider s’il pouvait se présenter à nouveau, et en 2016 ce vote a refusé une nouvelle candidature d’Evo Morales. Il a alors fait appel devant la Cour suprême et sa demande a été approuvée. C’est dans de telles conditions d’usure qu’en 2019 il a été candidat contre Carlos Mesa, un des piliers du néolibéralisme, qui avait été renvoyé en 2005 par les mobilisations sociales. Evo Morales a remporté le premier tour des élections au terme d’un processus mal mené et confus, et l’opposition l’a accusé de fraude. L’Organisation des États américains (OÉA), dominée par la droite, a proposé de nouvelles élections. Sous la pression, Evo Morales a accepté. Mais l’extrême droite a porté un coup sinistre.
L’extrême droite bolivienne, qui avait été vaincue en 2008, est revenue en force dans un contexte international qui lui est favorable, avec Trump président des États-Unis et Bolsonaro au pouvoir au Brésil. Dirigée par Fernando Camacho, un fondamentaliste chrétien, elle a peu à peu réussi à convaincre les militaires de se joindre au coup d’État, ce qui a décidé du processus.

Il ne fait aucun doute que les positions équivoques d’Evo Morales, de García Linera et du MAS dans la conduite du processus de changement en Bolivie ont contribué à créer des conditions de mécontentement social et à fournir des arguments « démocratiques » à la droite et au coup d’État. Cependant, ce ne sont pas les erreurs du gouvernement Morales qui ont motivé le coup d’État, mais ses réalisations et leur poids symbolique : inclusion sociale, autonomie et émancipation de beaucoup de peuples autochtones, réduction des inégalités et de la pauvreté.
La méthode utilisée pour forcer la démission du président a été la violence, avec l’incendie de maisons de parents et de sympathisants, la brutalité et l’humiliation publique. Après la démission du président, la violence a continué et tous les partisans d’Evo Morales sont menacés. Des « disparitions » forcées et des détentions arbitraires ont été signalées. Il s’agit d’un coup d’État classique, avec une coalition de comités policiers, militaires et civils.
Evo Morales et ses partisans ne méritent pas d’être arrêtés ni persécutés. La population bolivienne a trop souffert historiquement. Nous souhaitons qu’elle recouvre la force pour récupérer son pays et nous y contribuerons.
• Solidarité avec le peuple bolivien, solidarité avec Evo Morales et ses camarades, solidarité avec la Bolivie !
• Que le coup de force ne dure pas et que le peuple bolivien récupère le pays !
• La lutte ne finit jamais !
• No pasarán !
14 novembre 2019
Bureau exécutif de la Quatrième Internationale

 

Declaración del Buró Ejecutivo de la Cuarta Internacional

No hay tiempo para tergiversaciones. Bolivia está sufriendo un brutal y violento golpe de estado organizado por una extrema derecha racista, que ha comenzado a recuperar un espacio político y respaldo social en los últimos meses en el país andino. ¡Denunciamos este golpe y expresamos nuestra plena solidaridad con el pueblo boliviano!
A principios de la década de 2000, los movimientos sociales bolivianos del campo y de las ciudades, liderados por campesinos indígenas, construyeron un largo y arduo proceso de lucha contra las medidas neoliberales, que acentuaron la extrema pobreza del país al privatizar todo, incluido el agua. Poco a poco, se formó un consenso antineoliberal en el país andino, y la derecha perdió terreno. Luego surgió como una alternativa electoral del poder Evo Morales, a la cabeza del MAS. Hubo un proceso pulsante, vivo e intenso de movilización y debate que llevó a Morales y García Linera al poder en 2006. La historia de Bolivia estaba cambiando, y se formó una Asamblea constituyente con protagonismo indígena, que dio forma a la Constitución que transformaría a Bolivia en un Estado Plurinacional. En 2008, la extrema derecha, formada principalmente por oligarquías de terratenientes blancos, intentó un golpe de Estado al detener la aprobación de la nueva constitución. La presión y la movilización popular fueron inmensas, y la Constitución se promulgó en 2009. Así se cerró un momento de intensa disputa de hegemonía y empezó un período de mayor estabilidad bajo la dirección del MAS.
Con el contexto internacional favorable económica y políticamente, Bolivia ha sentado bases para la estabilidad económica con crecimiento, distribución del ingreso y reducción de la pobreza. Bases que se vieron poco afectadas por la crisis internacional de 2008, que trajo tantas consecuencias negativas para el mundo y para América Latina. Durante los años del gobierno Evo, Bolivia transformó su estructura estatal de manera a ampliar las formas de participación de los pueblos indígenas, cuadruplicó su PIB, redujo la pobreza extrema del 35.2% al 15.2%, y fue el país que más creció en la región. Sin embargo, poco a poco, tanto por los límites estructurales del país como por los errores de conducción, el llamado proceso de cambio comenzó a mostrar sus límites. La tensión entre el bienestar retórico y un proyecto desarrollista y extracctivista condujo a graves crisis en el gobierno y la pérdida de apoyo de parte de sus bases, ya a partir de 2012. Además de eso, la dificultad de la renovación del liderazgo también reforzó la dificultad de sostenibilidad de ese proceso en el tiempo.
En Bolivia, la nueva constitución (promulgada en 2009 durante el primer mandato de Evo) permite solo una reelección. Sin embargo, se entendió que el primer mandato de Evo, iniciado bajo la Constitución anterior, no contaba. Por lo tanto, fue “elegido por primera vez bajo la nueva constitución” en 2009. Luego fue reelegido en 2014. Teóricamente, ya no podía ser candidato. Con la dificultad de la renovación del liderazgo, el MAS propuso un referéndum para decidir si él podía volver a intentarlo, y en 2016 Evo fue derrotado en la votación, su candidatura fue impedida. Apeló a la Corte Suprema y tuvo su solicitud aprobada. Bajo estas condiciones de desgaste, en 2019, fue candidato contra Carlos Mesa, uno de los bastiones del neoliberalismo que había sido derrotado en 2005 por las movilizaciones sociales. Evo ganó las elecciones de primera vuelta en un proceso mal conducido y confuso, y la oposición lo acusó de fraude. La OEA, con una posición política a la derecha, ha sugerido nuevas elecciones. Presionado, Evo aceptó. Pero la extrema derecha ha asestado un golpe siniestro.
La extrema derecha boliviana, que había sido derrotada en 2008, regresó con toda su fuerza en un contexto internacional favorable a ella, con Trump como presidente de los Estados Unidos y Bolsonaro gobernando Brasil. Liderada por Fernando Camacho, un fundamentalista cristiano, gradualmente logró convencer a los militares de unirse al golpe, y eso decidió el proceso.
No hay duda de que los equívocos de Evo Morales, García Linera y del MAS en la conducción del proceso de cambio boliviano contribuyeron a la creación de condiciones de insatisfacción social y a la construcción de argumentos “democráticos” para la derecha golpista. Sin embargo, el golpe no se dio debido a los errores del gobierno de Evo, sino para contrarrestar sus logros y su peso simbólico: inclusión social, la autonomía y la emancipación de tantos pueblos originarios, la reducción de las desigualdades y de la pobreza.
El método utilizado para forzar la renuncia del presidente fue la violencia, con la quema de casas de familiares y simpatizantes, la violación y la humillación pública. Poco después de la renuncia, la violencia continúa y todos los partidarios de Evo Morales están amenazados. Hay informes de “desapariciones” forzadas y detenciones arbitrarias. Es un golpe de estado clásico, con una coalición entre comités policiales, militares y cívicos.
Evo Morales y sus correligionarios no merecen ser arrestados o perseguidos. La población boliviana ha sufrido demasiado históricamente. Deseamos y contribuiremos a tener la fuerza para recuperar su país. Toda solidaridad con el pueblo boliviano, toda solidaridad con Evo Morales y sus compañeros, toda solidaridad con Bolivia. Que los vientos golpistas no sean duraderos y que el pueblo boliviano recupere el país. ¡La lucha nunca termina!
¡No pasarán!