L’articolo di Claudio sulle lotte contro gli sfratti mi ha fatto ricordare che oggi, 18 marzo, ricorre il 145º anniversario della gloriosa Comune di Parigi. Ecco un piccolo omaggio ai nostri “antenati” comunardi.

Marx, che pure riteneva prematura e “avventurista” l’insurrezione di Parigi, scrive che la Comune «è stata un governo della classe operaia, risultato della lotta delle classi produttrici contro le classi possidenti, la forma politica finalmente scoperta con la quale si sarebbe potuto lavorare all’emancipazione economica del lavoro […] Parigi operaia, con la sua Comune, sarà celebrata in eterno, come l’araldo glorioso di una nuova società. I suoi martiri hanno per urna il grande cuore della classe operaia. I suoi sterminatori, la storia li ha già inchiodati a quella gogna eterna dalla quale non riusciranno a riscattarli tutte le preghiere dei loro preti»

E scrive Eugène Pottier, l’autore dell’Internazionale, nel maggio 1886

Elle n’est pas morte
On l’a tuée à coups d’chassepots,
À coups de mitrailleuses,
Et roulée avec son drapeau
Dans la terre argileuse !
Et la tourbe des bourreaux gras
Se croyait la plus forte.

Tout ça n’empêche pas, Nicolas,
Qu’la Commune n’est pas morte!

Comme faucheurs rasant un pré,
Comme on abat des pommes,
Les Versaillais ont massacré
Pour le moins cent-mille hommes !
Et les cent-mille assassinats,
Voyez c’que ça rapporte…
Tout ça n’empêche pas, Nicolas,
Qu’la Commune n’est pas morte!
On a bien fusillé Varlin,
Flourens, Duval, Millière,
Ferré, Rigault, Tony Moilin,
Gavé le cimetière.
On croyait lui couper les bras
Et lui vider l’aorte.
Tout ça n’empêche pas, Nicolas,
Qu’la Commune n’est pas morte!
Ils ont fait acte de bandits,
Comptant sur le silence,
Achevé les blessés dans leur lit,
Dans leur lit d’ambulance !
Et le sang inondant les draps
Ruisselait sous la porte !
Tout ça n’empêche pas, Nicolas,
Qu’la Commune n’est pas morte!
Les journalistes, policiers,
Marchands de calomnies,
Ont répandu sur nos charniers
Leurs flots d’ignominies !
Les Maxime Du Camp, les Dumas
Ont vomi leur eau-forte.
Tout ça n’empêche pas, Nicolas,
Qu’la Commune n’est pas morte!
C’est la hache de Damoclès
Qui plane sur leurs têtes :
À l’enterrement de Vallès,
Ils en étaient tout bêtes,
Fait est qu’on était un fier tas
À lui servir d’escorte !

C’qui prouve en tout cas, Nicolas,
Qu’la Commune n’est pas morte.

Bref, tout ça prouve aux combattants
Qu’Marianne a la peau brune,
Du chien dans l’ventre et qu’il est temps
D’crier : « Vive la Commune ! »
Et ça prouve à tous les Judas
Qu’si ça marche de la sorte,

Ils sentiront dans peu, nom de Dieu,
Qu’la Commune n’est pas morte!

 

Ed ecco la bellissima poesia di Arthur Rimbaud, dedicata alla Comune:

Oh vili, eccola! Riversatevi nelle stazioni!
Il sole ha spolverato con i polmoni ardenti
I viali, infestati dai Barbari una sera.
Ecco la Città santa, che siede in occidente!

Su! sapremo prevenire i riflussi d’incendio,
Eccovi il lungofiume, ecco i viali, ecco
Le case sull’azzurro leggero che s’irradia,
E una sera fu stellato dal rosso delle bombe!

Celate in nicchie d’assito i palazzi morti!
L’antica luce attonita vi rinfresca gli occhi.
Ecco la mandria fulva, le dimenatici d’anche:
Su, impazzite, sarete buffi se perdete la testa!

Torma di cagne in foia mangiatrici d’impiastri,
Il grido delle case d’oro vi designa. Andate!
Mangiate! La notte di gioia dagli spasmi profondi
Va per le strade. Oh bevitori sconsolati,

Bevete! Quando irrompe la luce intensa e pazza,
Frugando accanto a voi quei lussi straboccanti,
Non sbaverete dunque, senza un gesto, muti,
Nei bicchieri, con gli occhi persi in lontananze bianche?

Mandate giù, per la Regina dalle natiche flaccide!
Ascoltate l’azione degli stupidi rutti
Laceranti! Ascoltate il ballo nelle notti ardenti
Degli idioti e dei vecchi, dei buffoni e dei servi!

Oh cuori di sporcizia, oh bocche orripilanti,
Funzionate un po’ meglio, bocche di fetore!
Qua, sul tavolo, un vino per i torpori ignobili…
L’epa vostra si strugge nella vergogna, oh Vincitori!

Dilatate le narici alle nausee superbe!
Ammollate in veleni forti i tendini del collo!
Il Poeta incrocia sulle vostre nuche puerili
Le mani, e vi dice: “Oh vili, siate folli!

Poi che frugate nel ventre della Donna,
Da lei temete un’altra convulsione
Che urli e vi soffochi, infame nidiata,
Sopra il suo petto, in un amplesso orrendo.

Sifilitici, matti, buffoni, re, ventriloqui,
Che importanza mai avranno per Parigi puttana
I vostri corpi e l’anima, e i veleni e gli stracci?
Saprà scrollarvi di dosso, putridi di bile!

Quando sarete giù, sfiniti, lombi morti, a gemere
Sulle viscere vostre, a chiedere i vostri soldi,
La rossa meretrice pregna di battaglie
Torcerà gli ardui pugni lontano dai vostri stupori!

E avevano danzato con tanta forza i tuoi piedi
Nell’ira, Parigi! E fosti colpita da tante
Coltellate, e giaci, serbando nelle tue pupille chiare
La dolcezza, un poco, d’una fulva rinascita,

Oh città dolorosa, oh città quasi morta,
Col viso e con il seno rivolti all’Avvenire
Che al tuo pallore apre infinite porte,
Città che forse il passato cupo benedice:

Corpo rifatto magnetico per stenti immani,
Tu bevi di nuovo la vita terribile! tu senti
Nelle vene sgorgare il livido flusso dei vermi
E sul tuo amore chiaro senti le dita di gelo!

E non è un male. I vermi, i lividi vermi,
Non freneranno in te il soffio del Progresso
Più che le Strigi abbiano spento l’occhio alle Cariatidi
Dove un pianto d’oro astrale scendeva dai gradi azzurri”.

Benché sia tremendo vederti così offesa;
Benché nessuno mai d’una città abbia fatto
Ulcera più fetida nella verde Natura,
Il poeta ti dice: “La tua bellezza è stupenda!”

L’uragano ti consacrò suprema poesia;
L’immenso fermento delle forze ti assiste;
L’opera ferve, la morte romba, oh Tu prescelta!
Aduna gli stridori in seno alla tromba sorda.

Il poeta prenderà agli Infami il singhiozzo,
L’odio ai Forzati, il clamore ai Maledetti;
I raggi del suo amore sferzeranno le Donne.
Balzeranno le strofe: Ecco! banditi! ecco!

– Società, ristabilito è l’ordine: – le orge
Piangono il vecchio rantolo ai vecchi lupanari:
E i gas in delirio, sui muri arrossati,
Avvampano sinistri verso gli smorti azzurri!

  Maggio 1871

In versione originale:

O lâches, la voilà ! Dégorgez dans les gares !
Le soleil essuya de ses poumons ardents
Les boulevards qu’un soir comblèrent les Barbares.
Voilà la Cité sainte, assise à l’occident !
Allez ! on préviendra les reflux d’incendie,
Voilà les quais, voilà les boulevards, voilà
Les maisons sur l’azur léger qui s’irradie
Et qu’un soir la rougeur des bombes étoila !
Cachez les palais morts dans des niches de planches !
L’ancien jour effaré rafraîchit vos regards.
Voici le troupeau roux des tordeuses de hanches :
Soyez fous, vous serez drôles, étant hagards !
Tas de chiennes en rut mangeant des cataplasmes,
Le cri des maisons d’or vous réclame. Volez !
Mangez ! Voici la nuit de joie aux profonds spasmes
Qui descend dans la rue. O buveurs désolés,
Buvez ! Quand la lumière arrive intense et folle,
Fouillant à vos côtés les luxes ruisselants,
Vous n’allez pas baver, sans geste, sans parole,
Dans vos verres, les yeux perdus aux lointains blancs ?
Avalez, pour la Reine aux fesses cascadantes !
Ecoutez l’action des stupides hoquets
Déchirants ! Ecoutez sauter aux nuits ardentes
Les idiots râleux, vieillards, pantins, laquais !
O coeurs de saleté, bouches épouvantables,
Fonctionnez plus fort, bouches de puanteurs !
Un vin pour ces torpeurs ignobles, sur ces tables…
Vos ventres sont fondus de hontes, ô Vainqueurs !
Ouvrez votre narine aux superbes nausées !
Trempez de poisons forts les cordes de vos cous !
Sur vos nuques d’enfants baissant ses mains croisées
Le Poète vous dit : “O lâches, soyez fous !
Parce que vous fouillez le ventre de la Femme,
Vous craignez d’elle encore une convulsion
Qui crie, asphyxiant votre nichée infâme
Sur sa poitrine, en une horrible pression.
Syphilitiques, fous, rois, pantins, ventriloques,
Qu’est-ce que ça peut faire à la putain Paris,
Vos âmes et vos corps, vos poisons et vos loques ?
Elle se secouera de vous, hargneux pourris !
Et quand vous serez bas, geignant sur vos entrailles,
Les flancs morts, réclamant votre argent, éperdus,
La rouge courtisane aux seins gros de batailles
Loin de votre stupeur tordra ses poings ardus !
Quand tes pieds ont dansé si fort dans les colères,
Paris ! quand tu reçus tant de coups de couteau,
Quand tu gis, retenant dans tes prunelles claires
Un peu de la bonté du fauve renouveau,
O cité douloureuse, ô cité quasi morte,
La tête et les deux seins jetés verts l’Avenir
Ouvrant sur ta pâleur ses milliards de portes,
Cité que le Passé sombre pourrait bénir :
Corps remagnétisé pour les énormes peines,
Tu rebois donc la vie effroyable ! tu sens
Sourdre le flux des vers livides en tes veines,
Et sur ton clair amour rôder les doigts glaçants !
Et ce n’est pas mauvais. Les vers, les vers livides
Ne gêneront pas plus ton souffle de Progrès
Que les Stryx n’éteignaient l’oeil des Cariatides
Où des pleurs d’or astral tombaient des bleus degrés.”
Quoique ce soit affreux de te revoir couverte
Ainsi ; quoiqu’on n’ait fait jamais d’une cité
Ulcère plus puant à la Nature verte,
Le poète te dit : “Splendide est ta Beauté !”
L’orage t’a sacrée suprême poésie ;
L’immense remuement des forces te secourt ;
Ton oeuvre bout, la mort gronde, Cité choisie !
Amasse les strideurs au coeur du clairon sourd.
Le Poète prendra le sanglot des Infâmes,
La haine des Forçats, la clameur des Maudits ;
Et ses rayons d’amour flagelleront les Femmes.
Ses strophes bondiront : Voilà ! voilà ! bandits !
– Société, tout est rétabli : – les orgies
Pleurent leur ancien râle aux anciens lupanars :
Et les gaz en délire, aux murailles rougies,
Flambent sinistrement vers les azurs blafards !
Mai 1871.

 

E, per finire, una canzone degli anni ’20 del secolo scorso, che unisce idealmente l’esperienza della Comune a quella dei Soviet russi:

Non siam più la Comune di Parigi
che tu, borghese, schiacciasti nel sangue;
non più gruppi isolati e divisi
ma la gran classe dei lavorator
che uniti e compatti marciamo
sotto il rosso vessillo dei Soviet,
di Lenin i soldati noi siamo,
siam la forza del lavor,
siam la forza del lavor.

In piedi, o proletari,
giunto è il dì della riscossa,
in alto la bandiera rossa
simbolo di libertà!
In piedi, o proletari,
giunto è il gran momento
di dire alfin chi siamo,
di dire cosa vogliam,
di dire cosa vogliam.

Vogliam la libertà,
pace, lavoro e pane,
vogliamo alfine redimere
tutta l’umanità.
Vogliamo che sulla terra
sia pace e lavoro,
vogliamo che sulla terra
non regni più il dolor,
non regni più il dolor.

Non siam più la Comune di Parigi
che tu, borghese, schiacciasti nel sangue;
non più gruppi isolati e divisi
ma la gran classe dei lavorator
che uniti e compatti marciamo
sotto il rosso vessillo dei Soviet,
di Lenin i soldati noi siamo,
siam la forza del lavor,
siam la forza del lavor.

Doman nelle officine
non si faran cannoni
ma si faranno macchine
solo per lavorar:
per lavorare il ferro
la pietra con la terra.
Questa sarà la guerra,
la guerra che vogliam
la guerra che vogliam!

Non siam più la Comune di Parigi
che tu, borghese, schiacciasti nel sangue;
non più gruppi isolati e divisi
ma la gran classe dei lavorator
che uniti e compatti marciamo
sotto il rosso vessillo dei Soviet,
di Lenin i soldati noi siamo,
siam la forza del lavor,
siam la forza del lavor.

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